Photovolta?que : pour les agriculteurs, aubaine ou arnaque ?

Association des victimes du photovolta?que - Victimes d'une arnaque photovolta?que

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Cest une prairie o? ne broutent plus les vaches. Un vallon discret, entour? de bois, et de quelques maisons. Autrefois, des Salers ruminaient sur ce bout de terre ensoleill?, dont lherbe p?le vite en ?t?. Les b?tes ont chang? d’enclos. Ainsi va la vie, ? la Tour Blanche. Car le paysage pourrait bient?t changer& Et pour longtemps. Dans quelques mois, une centrale photovolta?que de huit hectares fera son apparition dans cette petite bourgade de Dordogne. ? l’endroit o? broutait anciennement le troupeau, des dizaines de panneaux solaires produiront de l?lectricit? pour alimenter l?quivalent de 2 500 foyers en ?nergie, hors eau et chauffage.

Cest un fait, les ?nergies renouvelables font leur chemin ? la campagne. Depuis quelques ann?es, de plus en plus dagriculteurs acceptent de mettre ? disposition leurs terrains, ou leurs ?tables, pour y disposer des panneaux solaires. Pour leur propre consommation d?nergie, ou pour s’assurer d’un foncier plus rentable, les propri?taires de terrains agricoles se laissent tenter par ? l’agrivolta?sme ?. Selon l’Agence de l’environnement et de la ma?trise de l’?nergie (ADEME), au moins 13 % de l?nergie solaire produite en France serait d?j? issue du monde rural. Essentiellement sur des toits de b?timents techniques et agricoles.

UNE PRATIQUE QUI DIVISE Mais les choses pourraient encore sacc?l?rer dans les prochaines ann?es. Car la fili?re manque despace. Dapr?s le magazine Reporterre, les investisseurs chercheraient m?me ? conqu?rir de nouvelles surfaces dans les champs. Autrefois r?serv?e aux terrains d?grad?s  anciennes carri?res, a?rodromes, ou sites d’enfouissement , l?nergie solaire pourrait d?sormais sinviter ? la campagne. Il faut dire que les objectifs par la Programmation pluriannuelle de l?nergie (PPE) sont ambitieux. Dici sept ans, la puissance install?e devra avoir ?t? multipli?e par quatre&

Alors, quen pensent les premiers concern?s ? Il est vrai que la pratique divise jusque dans la profession. Au mois de janvier, la FNSEA et l’Assembl?e g?n?rale des Chambres d’agriculture publiaient une charte qui appelait ? respecter les ? bonnes pratiques ? en mati?re dinvestissement photovolta?que. Les syndicats sinqui?tent que des terres ? perdent leur vocation agricole ?. ? Il y a effectivement un d?bat sur ce qu’est l’agrivolta?sme et comment l’encadrer ?, r?sume Nicolas Tonnet, qui m?ne actuellement une ?tude pour l’Ademe, afin de mieux poser un cadre l?gal ? cette pratique.

? SAUVER LES TERRES DE LA D?PRISE AGRICOLE ? ? Car il existe un risque, cest que les agriculteurs se fassent d?marcher par des soci?t?s et acceptent des projets qui ne r?pondent pas r?ellement ? leurs besoins ?, compl?te Nicolas Tonnet. Des arguments qui ne font pas lunanimit?, cependant. ? Cest vrai, la corporation et les syndicats mont mis des b?tons dans les roues au d?but ?, conc?de Patrick Busselet, ? il a fallu apprendre ? ?tre diplomate et ? ?couter tout le monde ?. Mais il faut comprendre, selon lui, les agriculteurs qui ont fait ce choix en toute ind?pendance.

Le parc de la Tour Blanche, cest lui qui en aura ?t? le promoteur, ou ? l?l?ment moteur ?, comme il pr?f?re dire. Dix ans quil se d?m?ne aupr?s de la pr?fecture pour faire accepter son id?e dans le coin. Cette d?cision, ce fils et petit-fils d?leveur la prise pour ses terres. Pour les ? sauver de la d?prise agricole ?, insiste-t-il, ? car si lon ne ram?ne pas dactivit? ? la campagne, elle meurt, cest in?vitable ?. Alors quil visite le chantier, au mois davril, l?leveur se penche pour ramasser un bout de terrain. La terre seffrite entre ses doigts. ? Cest un sol o? rien ne pousse ?, montre-t-il. La faute, selon lui, ? une ? trop faible valeur agronomique ? de cette terre calcaire.

REVENTE ? DES COOP?RATIVES ? l’approche de la retraite, la centrale lui donnera un moyen dassurer ses vieux jours. ? Avec une centaine de b?tes, et plus de trente ans de m?tier, il ?tait temps pour moi de lever un peu le pied ?, admet-il. Et puis, les premiers soucis de sant? sont apparus. ? cinquante-quatre ans, la location du terrain lui rapportera entre 1 000 et 1 500 euros de loyer par hectare. En ?change, il met ? disposition son champ dexploitant pour plusieurs ann?es. Mais attention, ? une condition, que l?nergie produite soit ? verte ?. Et ? bio ?, comme la viande, les noix, et le fourrage quil produit chez lui, ? Lusignac.

? la Tour Blanche, il n’y aura pas eu besoin de d?classer de terres agricoles. Car un couple d’?leveurs continuera de soccuper des moutons au milieu des panneaux. Ils toucheront, eux aussi, un salaire pour lentretien du site en ? ?co-p?turage ?, comme pr?sent? dans le contrat. ? partir de cet ?t?, la centrale de la Tour Blanche sera raccord?e au r?seau par Valorem, lentreprise qui assure la construction et lexploitation du site. L?lectricit? qui en sortira sera ensuite revendue ? plusieurs coop?ratives, dont Enercoop, ? moins de 0,10 ? du kWh. Soit moins ch?re que l’?lectricit? du futur r?acteur nucl?aire de Flamanville (environ 0,13? du kwh).

Un prix comp?titif pour une installation priv?e de cette taille, qui na b?n?fici? daucun centime de l?tat, ni pour sa construction, ni pour son entretien. ? Cest ce quon appelle un PPA (Power Purchase Agreement). En quelques ann?es, on a r?ussi ? r?duire de dix fois le prix de l?nergie solaire ? la consommation ?, explique Florian Fillon, chez Valorem, qui a accompagn? le projet de Patrick ? ses d?buts. ? Le fournisseur va directement chercher ses clients pour financer son projet. Avec ce syst?me, il est possible que lon atteigne les 4 ? 5 centimes du kilowattheure dans quelques ann?es ? peine, selon les surfaces ?, explique-t-il.

De quoi faire r?fl?chir alors que les premiers panneaux arrivent sur le chantier. S’ils sont import?s de Chine, il faudra 28 mois, selon ling?nieur, pour que lusine paie sa dette ?nerg?tique. Sera-t-il un jour possible de produire sur place ? Le march? est encore loin du compte, mais plusieurs entreprises fran?aises, comme SunR, ont d?j? investi le terrain, proposant aux agriculteurs des serres photovolta?ques ou des ombri?res pour leurs cultures. Une technologie ? surveiller, alors que le gel et les al?as climatiques ont largement d?vast? les cultures de vigne et darbres fruitiers au printemps. ? Et si lon ne sadapte pas, dans ce m?tier, conclut Patrick Busselet, je peux vous lassurer, on finira toujours par se prendre de sacr?es gamelles& ?.

En attendant de voir des serres dynamiques suivre le soleil, comme les tournesols, le maire de la Tour Blanche, Daniel Bonnefond, conseiller agricole de profession, pr?f?re raison garder et ne pas s’emballer avant l’heure. ? Les gens de nos villages sont assez pragmatiques pour comprendre qu’il vaut mieux mettre des panneaux solaires sur un terrain plut?t que faire pousser des ma?s et d’y gaspiller toute son eau ?, note-t-il. Ainsi, le projet a ?t? bien accueilli dans le village, o? il ram?nera 15.000 euros de retomb?es fiscales, en moyenne, ? la communaut? de communes. ? Mais il ne faut pas perdre de vue que la terre agricole est faite pour produire ce que les gens doivent manger ?, rappelle le maire. ? Si on ne raisonne qu’avec une calculatrice, les riches rouleront bient?t en voiture ?lectrique et les pauvres ne pourront plus manger… Alors, prudence. Sur de mauvaises terres, pourquoi pas, mais pas ? n’importe quelle endroit ! ?

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