Tout le Nord de la France est oublié par le plan solaire du gouvernement !!

Association des victimes du photovoltaïque - Victimes d'une arnaque photovoltaïque

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Présentation du plan « Place au soleil »

Sébastien Lecornu a présenté jeudi le plan gouvernemental « place au soleil » pour le développement de l’énergie solaire. Il comporte quelques mesures intéressantes, mais ne permettra pas au photovoltaïque de changer d’échelle. Et néglige le Nord de la France et les installations moyennes.

 

Soutenir le développement de l’énergie photovoltaïque ? Un peu, mais pas trop. Tel est le message délivré par le plan « Place au soleil », dévoilé jeudi 28 juin à 18 h 30 par Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat au ministre de la Transition écologique et solidaire, au groupe de travail sur le photovoltaïque et à la presse. Soutiens à l’autoconsommation et au solaire thermique, équipement de monuments historiques, libération de foncier et simplification des procédures… Le plan prévoit une trentaine de mesures disparates pour favoriser le développement de la filière, sans proposer de réforme réellement structurante.

 

 Le cadre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)

Cette série de mesures est l’un des outils dont s’est doté le gouvernement, dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), pour atteindre l’objectif fixé par la loi de transition énergétique de 32 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique en 2030. C’est le troisième volet d’un « plan de libération des énergies renouvelables », après celui issu du groupe de travail sur l’éolien terrestre en janvier et celui consacré à la méthanisation en mars. Même si, « de ces grands plans gouvernementaux dont mon ministère a parfois tendance à abuser, le secteur n’en aura sans doute plus besoin », a plaisanté M. Lecornu devant un parterre d’acteurs de la filière.

 

 État des lieux et dynamiques de la filière

Le préambule du plan précise en effet que « si [le] parc de production de l’électricité solaire se classe derrière l’éolien, son coût de production est maintenant le plus compétitif de tous. Il a encore baissé de 11 % en 2017 pour s’établir à 55 euros le mégawattheure (Mwh) (…). Sur toitures, la chute des prix est encore plus forte à -24 % en 2017 ». D’où une augmentation de la production d’électricité solaire, avec 875 mégawatts (MW) raccordés en 2017 – soit un doublement des raccordements par rapport à 2018 –, amenant la puissance installée totale du parc à 8 gigawatts (GW) fin 2017.

 Solaire thermique et autoconsommation

« Il s’agit d’une dynamique positive, notamment sur le solaire thermique qui est un sujet souvent en retrait », apprécie Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables (Ser), contacté par Reporterre. En effet, le plan veut encourager les particuliers à s’équiper d’un chauffe-eau solaire individuel (Cesi) notamment par l’augmentation du crédit d’impôt pour la transition écologique (Cite). Concernant le solaire thermique dans les collectivités et l’industrie, M.Roesch salue le prolongement de l’appel à projets fonds chaleur pour les trois prochaines années.

Le plan veut également encourager l’autoconsommation, actuellement freinée par des questions de coût. « Dans notre système capitalistique, les gens doivent débourser une somme importante au moment de s’équiper », observe le délégué général du Ser. Une solution serait selon lui le tiers investissement (financement par un organisme financier), qui peine à se développer faute de bénéficier des conditions avantageuses de l’investissement individuel.


 Surfaces, foncier et zones géographiques

Pour installer des panneaux solaires, il faut de la surface. « La loi biodiversité a instauré que les projets de bâtiments commerciaux d’une surface supérieure à 1.000 mètres carrés, pour obtenir un permis de construire, doivent présenter soit un toit végétalisé, soit la production d’énergies renouvelables. Mais personne ne sait ce que ça veut dire : est-ce qu’il suffit de mettre deux panneaux et trois pots de fleurs ? », pointe M. Roesch. Le plan remédie à ce flou juridique en prévoyant l’introduction d’un seuil minimal de couverture.

 Le Nord de la France et les installations moyennes sont oubliées par le plan

Mais au-delà de ces quelques mesures positives, le plan ne prévoit aucune mesure qui permettrait à la production d’énergie solaire de changer d’échelle. Pour les installations d’une puissance supérieure à 100 kilowatts-crête (kWc), le contrat d’achat de l’électricité produite n’est signé qu’à l’issue d’un appel d’offres. Résultat, « le segment de marché entre 100 et 500 kWc ne se développe pas suffisamment, car ceux qui investissent dans cette tranche – collectivités, PME, agriculteurs… – n’ont ni le temps, ni les compétences pour répondre à des appels d’offres », pointe Alexandre Roesch.

 Les disparités régionales et spéculation foncière

Marc Jedliczka, porte-parole de l’association Négawatt, dénonce d’autres effets pervers de ce système. « Comme les appels d’offres se déroulent à l’échelle nationale, toutes les installations se concentrent dans le sud de la France, plus ensoleillé. Conséquence, les surfaces où l’on peut installer des panneaux photovoltaïques, qui rapportent énormément, deviennent spéculatives. Le réseau électrique, surchargé par les nouveaux raccordements, sature et doit être renforcé à grands frais. A l’inverse, au nord, il est impossible de mener un projet. »


 Critiques et limites des mesures annoncées

Le Ser et le Cler ont pourtant plaidé pour augmenter le seuil déclenchant l’appel d’offres à 500 kWc. « Les directives européennes autorisent ce seuil de 500 kWc. Je ne sais même pas pourquoi, historiquement, l’Etat l’a abaissé à 100 kWc », déplore M. Roesch.

 Problématiques de l’autoconsommation collective et monuments historiques

Le porte-parole de Négawatt regrette que le plan présente quelques mesures intéressantes mais souvent maladroitement formulées ou insuffisantes. « Par exemple, l’extension du périmètre pour l’autoconsommation collective à un rayon d’un kilomètre. C’est une bonne idée, mais inapplicable : en effet, les bâtiments du périmètre sont-ils reliés au même transformateur ? ». Idem pour l’équipement des monuments historiques : « Ce ne sont pas dix bâtiments historiques qui vont faire la transition énergétique », rigole M. Jedliczka.

 Articulation avec la PPE et le mix énergétique

Anne Bringault, coordinatrice au Cler, regrette pour sa part un plan « symbolique, en pointillé. On propose des mesures pour la grande distribution, pour les agriculteurs, etc. Mais pourquoi ne pas faire la même chose pour les collectivités qui veulent installer des panneaux solaires sur leurs gymnases ? ». Reste à savoir comment ce plan va s’articuler avec la PPE. « Tant qu’on conservera 75 % de nucléaire dans notre mix électrique, il n’y aura pas assez d’argent, de volonté politique et de place pour les énergies renouvelables », prévient Alix Mazounie, de Greenpeace.

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